Albert Camus, le journaliste

Albert Camus, le journaliste

A lbert Camus est connu mondialement comme étant le grand auteur français qui fût primé du Nobel en 1957,  mais on ignore souvent que l’auteur de l’Etranger a commencé par rédiger pour la presse écrite.  « La profession de journaliste est lune des plus belles que je connaisse », aimait-il à rappeler.

En tant que reporter ou éditorialiste pour Alger Républicain, le Soir Républicain ou Combat, l’ écrivain n’a eu de cesse de mettre sa plume au service de ses convictions. Celles d’un journalisme moral épris de justice sociale, de liberté et de vérité.

Pour nous aider à mieux cerner le personnage, les éditions Apogée ont publié Albert Camus, journaliste. Tricoté par Maria Santos-Sainz, et préfacé par Edwy Plenel, l’ouvrage retrace la carrière journalistique de l’enfant de Belcourt. On y découvre, à ses débuts, une chroniqueur judiciaire qui n’hésitait pas à mouiller le maillot pour défendre les sans-voix vis à vis desquels il se sentait proche.

Mais l’expérience la plus marquante est celle qu’il livrera, en tant que rédacteur en chef pour le quotidien progressiste Combat. Un journal clandestin, pour lequel il risqua sa vie sous l’occupation, mais qui correspondait à ses idéaux politiques de résistant.

C’est aussi à la tête de ce journal (1944-47) qu’une passe d’armes mémorable avec François Mauriac, alors éditorialiste au Figaro, animera le microcosme intellectuel parisien. Quelques années plus tard, c’est avec Jean Paul Sartre qu’il aura maille à partir. Après un long intermède de huit ans en tant que romancier chez Gallimard, c’est la guerre d’Algérie qui le convoquera de nouveau vers la presse écrite.

Ne se sentant pas en phase avec la direction du magazine lExpress, ce passage se révélera au final assez bref (de Mai 55 à février 56). Proche des républicains espagnols, Camus aura durant toute sa vie défendu ses idées avec passion . « La liberté consiste à ne pas mentir. Là où le mensonge prolifère, la tyrannie sannonce ou se perpétue », écrivait-il.

A l’heure où les médias dominants sont détenus par une poignée d’hommes d’affaires, ce livre peut se concevoir comme un vade-mecum salutaire dans les écoles de journalisme. Il en va ainsi de l’image d’une profession écornée, auprès du grand public, qui gagnerait un peu de crédit grâce à cette éthique camusienne.

Nasser Mabrouk

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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