L’écrivain Slimane Zeghidour est parti sur les traces de son enfance dans les Montagne de la Kabylie

L’écrivain Slimane Zeghidour est parti sur les traces de son enfance dans les Montagne de la Kabylie

Dans « Sors, la route t’attend » L’écrivain Slimane Zeghidour est parti sur les traces de son enfance dans les Montagne de la Kabylie et dans la littérature contemporaine, soixante cinq ans après sa naissance

En rangeant le livre dans la bibliothèque après avoir parcouru ses centaines de pages magnifiquement écrites, le lecteur, profane ou avisé, ne regrette pas l’invitation impérative du titre. Il s’agit d’un assaut dans le passé, filtré par la mémoire. Le narrateur nostalgique voudrait « ressaisir la vie de son enfance par les commencements ». La première surprise est de voir que son âge, bouleversé par des rapports si violents, redevient « lui-même ». D’après les détails cités. Et qui pouvait mieux le proposer que Slimane Zeghidour, lui, né dans l’Algérie de 1953, soit une année avant le déclenchement de la guerre. Le récit repose donc sur des éléments fondamentaux, dont Zeghidour a très fortement souligné l’articulation. Chaque élément repose une scène qui est du domaine de l’histoire, à une scène héroïque qui est du côté des résistants pour la liberté et l’indépendance.

Les deux groupes entre eux s’opposent par le registre de la narration, tragique pour le premier, héroî-comïque pour le second : l’ordre chronologique, le récit donne une série de points de repère sans détourner son regard l’essentiel qui est celui du titre comme objectif à atteindre dans l’absolue, à savoir : la route. En effet, la route du petit Slimane ne  mène pas seulement à El Oueldja, encore moins ailleurs, un petit village adossé à la colline de la Kabylie. C’est l’enfant qu’on raconte d’abord, son éveil à la vie, son regard innocent sur son environnement et sa famille qui vit dans des conditions primitives et ancestrales. Il avoue être passé d’un coup « du néolithique au XXe Siècle ». De multiples anecdotes jalonnent ce parcours, toutes plus significatives les unes que les autres. Et on apprécie cette dialectique de l’histoire qui nous conduit assez loin du mythe des âges, que nous apprenons, sur la suggestion de Zeghidour, comme première hypothèse.

Aussitôt, l’enfance se vit sur fond de guerre. A partir de ce tempérament va s’effectuer de manière très rapide une remonté vers l’origine perdue, les coutumes, les tabous,  les interdits, les luttes de tribus, les disparitions, les relèves. Mais il y’a aussi l’enracinement à ce lieu que l’on peut qualifier volontairement de cocon que l’armée française, en dépit de tout son armada militaire, n’a pu pénétrer.  Le narrateur profite de cette indulgence en évoquant cette enfance pour l’étendre à toutes les conduites analogues de sa vie adulte. Là, c’est la découverte de meilleures conditions de vie : « l’eau, l’électricité, les machines et les voitures, etc., l’enfant va découvrir aussi les boutiques, les centres de soins, « les Français de souche » et surtout l’école. Une institutrice dont il gardera un souvenir ébloui. Avide de savoir et d’apprendre, le garçon qu’est devenu, Slimane va bientôt tomber amoureux des mots, les mots du livre.

« Ce disant, il m’importe de préciser qu’au travers de ce récit je revisite sans un iota d’aigreur ce passé commun qui attend d’être enfin partagé » p 69

Slimane Zeghidour, Sors, la route t’attend, Paris, édition arènes (les), 2017, 293p

Par : Morkrane Maameri

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