Entretien avec Faycel Cheurfa, franco-algérien, fondateur de Saldae

Entretien avec Faycel Cheurfa, franco-algérien, fondateur de Saldae

A près 15 ans d’expérience dans la conduite de projets informatiques auprès de grands groupes français (Renault, Axa, Veolia…), Faycel Cheurfa a décidé de sauter le pas de l’entrepreneuriat en se lançant, en janvier 2015, dans l’aventure Saldae. Présent au Vivatech de Paris (ndlr, le plus grand salon français dédié à l’innovation technologique), le franco-algérien de 39ans a accepté de nous présenter son entreprise et de nous parler son implication vis  à vis de la jeunesse algérienne.

Quel est le coeur de métier de Saldae? En quoi consiste votre activité?

Fayçel  Cheurfa : Saldae est spécialisée dans la mise en place de solutions informatiques dans le domaine du Big Data. Cela va du système qui permet de collecter et d’analyser les données de consommation en eau de 4,5 millions d’habitants d’Ile de France à un projet de recherche autour du véhicule connecté pour un grand constructeur automobile. Nous partons d’une feuille blanche et intervenons du cadrage de projet à l’exploitation de la solution déployée en production. Notre métier consiste en un mot à transformer le déluge de données induit par les objets connectés en valeur pour l’entreprise.

Vous étiez la seule entreprise algérienne à participer au salon Vivatech à Paris. Pourquoi était-ce important pour une jeune entreprise d’être présent sur cet événement?

 Entreprise franco-algérienne. J’insiste car c’est un élément fondamental de l’ADN de Saldae ! C’était important de participer à cet évènement car nous avons eu l’honneur d’intégrer le Datalab de cet évènement majeur qui regroupent les 32 start-up à fort potentiel dans le domaine du traitement de la data. Cela concrétise un des objectifs que je me suis fixé pour Saldae, à savoir participer au rayonnement scientifique et technique de l’Algérie.

Quels sont les clients qui vous font confiance?

Aujourd’hui, nous comptons parmi nos clients des leaders mondiaux dans leur domaine que sont Veolia environnement, Renault et Engie (ex-Gaz de France).

Rencontrez-vous des difficultés dimage, en France, en tant quentrepreneur franco-algérien?

 Pas vraiment car dans mon domaine ce qui compte le plus c’est la valeur ajoutée que vous pouvez apporter grâce à votre savoir-faire. La notion d’image n’est pas prégnante comme dans d’autres secteurs.

Vous avez la particularité davoir créé une autre structure en Algérie. Pourquoi avoir choisi de vous implanter là bas?

J’ai voulu créer une entreprise qui me ressemble. Bien que né en France, je suis profondément attaché à mes racines algériennes. Cette bi-culture est un atout et une force considérable qui ne demandent qu’à s’exprimer. Je vois d’un côté des clients français qui ont du mal à trouver des ingénieurs qualifiés dans le domaine du traitement de la data, et de l’autre des ingénieurs très bien formés et qualifiés qui ne trouvent pas d’emploi. Je me suis dis qu’il y avait peut être quelque chose à faire et que c’était à des profils comme le mien de s’engager pour développer un savoir faire qui est là.

Comment faites vous pour rassurer les clients potentiels de faire confiance à des ingénieurs algériens?

 L’enseignement de l’informatique en Algérie a gardé une forte teneur en recherche opérationnelle et mathématiques appliquées, matières qui ont longtemps été délaissées en Europe mais qui reprennent tout leur attrait avec l’explosion du big data.

Vous voulez créer des partenariats avec des universités algériennes (Béjaia, Alger). Pouvez-vous développer?

 L’idée est de mettre en contact les futurs ingénieurs et doctorants algériens avec des dirigeants de groupes français qui ont des sujets concrets et passionnants à présenter. Saldae est là pour mettre en relation ces 2 mondes, qui se côtoient rarement, pour identifier les profils à fort potentiel et les faire travailler sur des sujets industriels à forte valeur ajoutée. Ces échanges peuvent avoir lieu avec des entreprises mais également de prestigieux établissements d’enseignement français.

Quels sont vos projets à court et moyen termes en Algérie?

A court terme, il s’agit de mettre en œuvre mon offre innovante de data analyse-as-a-service (plus d’informations sur (www.saldae.com) grâce à mon entité algérienne. Ensuite, je souhaiterais monter une équipe de Data Scientists dans mon entreprise de Béjaia afin de proposer des prestations intellectuelles à très forte valeur ajoutée. Tout en étant une petite structure, le big data est une formidable opportunité de bâtir des success stories avec des géants industriels. Il permet ainsi de valoriser la principale richesse de ce pays qui est sa jeunesse.

Entretien réalisé par Nasser Mabrouk

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