La France, une destination privilégiée par les étudiants algériens

La France, une destination privilégiée par les étudiants algériens

Les Algériens comptent pour 7,1% du total des étudiants étrangers en France avec plus de 21 000 étudiants, selon les chiffres de Campus France. Si leur nombre diminue de 6,7% entre 2010 et 2014, l’Algérie est toujours classée troisième après le Maroc et la Chine.

La France, une destination pratique

De part sa proximité géographique et les liens, discutables mais historiques, qui existent entre les deux pays, la France reste toujours une destination attractive pour les Algériens souhaitant poursuivre leurs études à l’étranger.

Ali, Sonia, Mohand ont tous choisi la France comme destination afin d’y poursuivre leurs cursus universitaires. Pour eux, la question de la langue et le bas coût des études constituent les deux premières raisons qui les poussent à choisir une université française. « La France est généralement la première destination pour les étudiants maghrébins, non seulement pour la qualité de la formation, la disponibilité de la procédure Campus France, mais aussi pour la langue qui nous permet d’être rapidement intégrés dans le cadre des études », soutient Ali en France pour un master.

« J’ai choisi la France, car c’est la destination la plus facile pour la langue et la culture, et c’est aussi la plus abordable du côté financier », détaille Sonia, étudiante en géographie et environnement. En effet, à l’inverse des universités anglo-saxonnes, les frais demandés par les établissements publics français sont moins élevés et ne dépassent pas 400 euros, selon le niveau de formation. Un point d’autant plus important si on considère le gel des frais d’inscription pour la deuxième année consécutive annoncé par le gouvernement français au début du mois de juillet. Il n’y aura donc pas « d’augmentation des droits d’inscription à l’université » pour la rentrée 2016.

Solidarité de la communauté à l’étranger

Si au niveau financier la France est attractive, la question du logement reste problématique. Les étudiants locaux sont privilégiés dans l’attribution des chambres universitaires et le prix des loyers ne correspond pas toujours aux moyens financiers dont disposent les étudiants algériens, notamment dans les grandes villes comme Paris et Lyon. « J’étais obligé de travailler afin de pouvoir payer les frais de loyer », nous dit Ali.

« Quand on n’a pas beaucoup d’argent, ça devient un peu délicat de se loger », confirme Sonia. « Mis à part la demande de chambre au Crous que je n’ai pas faite, il n’existe pas vraiment d’autre alternative. Maintenant je travaille dans une chaîne de restauration rapide pour payer le studio que je loue », ajoute la jeune femme, étudiante à Paris. Une situation identique pour Mohand qui explique que beaucoup d’étudiants peuvent compter sur la famille déjà installée en France ou bien sur la solidarité des autres étudiants algériens qui n’hésitent pas à s’héberger les uns les autres. Lui, a préféré retourner en Algérie après l’obtention de son master. « Je suis revenu car il était difficile de décrocher un poste de travail en France », explique ce diplômé en assurance.

Malgré les difficultés pratiques et le manque d’opportunités professionnelles, les étudiants continuent de choisir la France et passent alors par Campus France, organisme indispensable lors des démarches.

Comment étudier en France ?

Pour poursuivre leurs cursus en France, les étudiants doivent créer un dossier auprès d’un des cinq espaces Campus France existant en Algérie. Via la procédure dématérialisée « Études en France », les étudiants créent un seul dossier pour plusieurs candidatures et doivent s’acquitter des frais établis à 6000 DA.

La procédure est stricte et l’étudiant doit se conformer à un calendrier détaillé contenant cinq étapes. Ces dernières sont applicables à tous les niveaux, partant de la première année de licence au doctorat. Pour la rentrée 2017, le candidat présentera son dossier à partir du 15 novembre 2016 et du 19 janvier au 20 mars 2017, selon le niveau d’études, la spécialité ou l’institut choisi. Suivra un entretien et la procédure de pré-inscription.

Pas de visa sans passer par Campus France

La demande de visa long séjour exige un passage obligatoire par la procédure Campus France, indique le Consulat français en Algérie et cela même si l’étudiant dispose d’un baccalauréat français. Les étudiants doivent également maîtriser la langue, avoir un haut niveau universitaire, et présenter un projet académique convaincant. Ce qui explique le nombre important d’étudiants qui se rendent en France dans le cadre d’un Master. La question financière est également abordée puisqu’il est demandé aux candidats de disposer « d’importantes ressources pour pouvoir couvrir le séjour en France ».

TSA/ Assia Tiguarfa et Zahra Rahmouni |

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